Classe citoyenneté-défense 3è

L’association Eau de Coco présente aux élèves de la classe Citoyenneté défense le quotidien des femmes à Madagascar.

Par admin Guimet, publié le mercredi 5 novembre 2025 09:15 - Mis à jour le mercredi 5 novembre 2025 09:15

Nous avons rencontré deux bénévoles de l’association Eau de Coco qui sont venues nous présenter la vie quotidienne et le rôle des femmes à Madagascar. À Madagascar, il y a environ 32 millions d’habitants : c’est une population jeune et dynamique.

Très souvent, les filles ne peuvent pas aller à l’école. Elles doivent aider leurs mères avec les tâches ménagères et s’occuper de leurs familles. Elles sont considérées comme « inférieures aux hommes » : elles n’ont pas le droit de manger avec eux, elles mangent souvent leurs restes et elles se font souvent frapper. Mais elles ne dénoncent jamais leur mari. Elles vont plutôt dans des cellules d’écoute (il est très rare qu’une femme aille dénoncer le comportement violent de son mari par peur des représailles). Un homme sur deux à Madagascar considère que frapper sa femme est « normal ».

Les jeunes filles ont une horrible vie dès leur jeune âge. Des filles de 13 ou 14 ans, ou même dès 10 ans, se font violer, doivent se prostituer et parfois tombent enceintes. De pauvres jeunes filles sont obligées par leur famille de vendre leurs corps à des hommes de plus de 50 ans au lieu d’aller jouer avec les amies, de jouer à la poupée, d’êtres innocentes et de rêver de leur avenir. Elles sont obligées de se sacrifier pour obtenir de l’argent et de la nourriture. Parfois les jeunes filles sont mariées de force alors qu’elles n’ont rien demandé et n’aiment pas le mari choisi, souvent plus âgé qu’elles. Ce sont encore les femmes qui cultivent les champs, s’occupent des familles, effectuent les tâches ménagères et la cuisine… Le gouvernement ne fait rien car il ne prête pas attention à son peuple et est très corrompu.

Malgré tout ce que les femmes endurent, les souffrances morales et physiques, elles sourient toujours. Elles effectuent leur travail quotidien, elles sont très courageuses et fortes surtout. Quand j’y pense, je ne devrais jamais me plaindre de ma vie. Je vis dans un pays où je reçois une éducation, j’ai des vêtements et de la nourriture, les femmes sont respectées… Et puis il y a les Malgaches dont la vie est un combat quotidien, qui ne peuvent aller à l’école recevoir une éducation et qui sont obligées de vendre leur corps pour survivre. Je suis une fille et je suis fière de l’être, mais surtout j’admire vraiment les jeunes filles malgaches.


 

Mariam


 


 

Vendredi 10 octobre, Catherine et Chantal, bénévoles de l’association Eau de Coco, sont venues au collège nous parler des conditions de vie de la femme à Madagascar. Là-bas, les femmes ont moins de droit que les hommes : 70 % d’entre elles n’ont pas accès à l’éducation, elles n’ont pas le droit à l’avortement. Avant 2007, elles n’avaient pas le droit d’être propriétaires. Elles n’occupent que 17 % des sièges de l’Assemblée nationale et 11 % du Sénat. À cause de ce manque d’accès à de nombreux droits fondamentaux, dont l’éducation, certaines femmes doivent choisir entre répondre à leurs besoins essentiels et une scolarité.

Pour répondre à leurs besoins essentiels, elles doivent parfois se prostituer ou être mariées de force. Lorsqu’elles ne peuvent pas aller à l’école, elles doivent rester chez elles pour aider aux tâches ménagères ou agricoles. Ce qui augmente les risques d’agression et de viol. Les femmes victimes d’agressions sont brisées et doivent vivre avec car c’est un sujet tabou (c’est la partie de l’intervention qui m’a le plus chamboulée). Mais il existe des centres d’aide et d’écoute pour les aider et les accompagner, ainsi que des journées de sensibilisation à l’éducation pour les avertir de tous ces dangers. Les règles sont également un sujet tabou et nombreuses jeunes filles n’ont pas les moyens d’acheter des protections hygiéniques. Ce qui entraîne des absences scolaires régulières. Certaines écoles en mettent à leur disposition à l’infirmerie pour les aider. Il existe aussi des associations pour l’aide à l’alimentation comme la cellule FIVOY qui aide à former les femmes dans les milieux agricoles et artisanaux pour qu’elles puissent augmenter leurs revenus et mieux répondre à leurs besoins, mais aussi pour qu’elles puissent s’alimenter durablement sans aide extérieure, notamment durant les périodes de soudure.


 

Marie


 


 

La situation des femmes malgaches, dans une population de 32 millions d’habitants, est difficile malgré certaines avancées légales. Le droit de vote pour les femmes est autorisé depuis 1959, et des lois de 2007 et 2010 garantissent en théorie l’égalité des droits et l’accès à la propriété. Cependant, la loi ne permet pas l’avortement et la présence des femmes est limitée : seulement 17 % de femmes sont élues à l’Assemblée nationale. Les traditions et la pauvreté créent un cercle vicieux. Les femmes sont perçues comme le pilier du foyer, mais elles se voient refuser toute décision au sein de la famille, notamment lorsqu’il faut protéger leurs filles. Elles sont victimes de fortes inégalités alimentaires, forcées de manger les restes des hommes. L’éducation est un luxe : seulement 30 % des filles de 11 à 17 ans sont scolarisées. Beaucoup doivent choisir entre nourrir leurs enfants ou l’envoyer à l’école. Certaines femmes doivent se prostituer pour survivre. La violence des hommes contre les femmes est banalisée, considérée comme « normale » par la moitié des victimes. La situation sanitaire est précaire : les règles et la sexualité sont tabous, ce qui empêche l’accès à la contraception. Le résultat est dramatique : 40 % des filles sont mariées avant 18 ans, souvent elles subissent des mariages forcés dès 13 ans. Beaucoup de très jeunes filles sont mères dès 14 ans, souvent suite à des viols.

Face à ces réalités, des associations non gouvernementales (ONG) comme l’association Eau de Coco mènent des actions. Ces associations apportent aide et sensibilisation, se concentrant sur l’éducation, la santé et la nutrition pour soutenir ces femmes dont le courage est remarquable.


 

Belinay


 


 

Catherine et Chantal, deux bénévoles de l’association Eau de Coco, nous ont donné quelques chiffres clés pour mieux comprendre l’influence que les Malgaches peuvent exercer : seulement 30 % des femmes entre 11 et 17 ans ont accès à une éducation. En 2024, 17 % des sièges de l’Assemblée nationale sont occupés par des femmes. Les femmes n’ont eu le droit de vote qu’en 1959 et le droit à la propriété en 2007. A ce jour, le droit à l’avortement est toujours proscrit.

Les conditions de vie des filles sont des plus déplorables ; certaines filles doivent choisir entre avoir une éducation ou se prostituer pour gagner de l’argent afin de nourrir leur famille. Malheureusement, le pays étant très pauvre, il y a peu de moyen de contraception et beaucoup de filles sont enceintes à l’âge de 14 ans sans avoir la possibilité d’avorter : cela provoque un cercle vicieux. Certaines traditions persistent et des filles âgées de 13 à 17 ans subissent des mariages forcés. 40 % des femmes sont mariées avant 18 ans. De plus, les sujets comme les règles sont tabous dans les familles, les jeunes filles éprouvent de la honte et restent chez elles lorsqu’elles ont leurs règles, refusant d’aller à l’école car elles n’ont pas de protection hygiénique. À Madagascar, de nombreuses femmes sont également victimes de violences conjugales, mais peu ose porter plainte puisque tout cela est tellement courant que cela semble normal. Un homme sur deux pense que battre sa femme est la normalité. Il existe des cellules d’écoute pour permettre aux femmes de s’exprimer sur les violences subies.

Les femmes sont des piliers pour la société malgache mais elles ne sont pas élevées à leur juste valeur. Malgré tout ce qu’elles vivent au quotidien, les femmes restent courageuses et gardent la force de sourire.


 

Isra